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2016-06-08T21:32:02+02:00

4 Mai : Interview Michel Bussi

Publié par Dévoreuse de livre
4 Mai : Interview Michel Bussi
4 Mai : Interview Michel Bussi
4 Mai : Interview Michel Bussi
4 Mai : Interview Michel Bussi

Le 4 Mai, j'ai eu la possibilité d'assister dans les bureaux du journal Le Point à la présentation du nouveau roman de Michel Bussi : Le temps est assasin

Ainsi, une journaliste ainsi que les personnes présentent lui ont posé quelques questions. 

De plus, vous trouverez à la fin de cette chronique, les confidences que m'a faites Michel Bussi sur Le temps est assassin et l'adaptation d'Un avion sans elle.

 

Journaliste : Comment arrivez-vous à vous renouveler ? Avez-vous un stock d’histoire ?

Michel Bussi : C’est vrai que j’ai un peu un stock d’histoire. J’ai pas mal de petit bout d’histoire et je me demande quelle est la scène va faire un futur roman. Une des clés est que j’essaye de ne jamais faire deux fois de suite le même plaisir d’écriture. Dans Maman a tort, il y avait un challenge du terroir, des chômeurs, un braquage et un univers d’enfant très psychologique et ce n’est pas très glamour. Donc ensuite je voulais écrire quelque chose qui envoi les lecteurs au soleil, sur la plage, changer le décor avec un peu plus de rêve. Et d’avoir une écriture plus ludique avec cet ado qui voit le monde des adultes, plus second degré. Je veux renter dans un autre univers pour que les lecteurs soient basculés dans un autre décor. Donc cela signifie que le prochain roman sera moins glamour, plus noir.

Ensuite il y a aussi le critère du défi. Ici c’était de pouvoir tenir un roman qui alterne le journal intime d’une ado 27 ans plutôt et  une espèce d’enquête en temps réel de Clotilde à 42 ans. Il y a un parallèle entre l’ado qui visite Calvi et Clotilde qui 27 ans plus tard vit la même chose. Il y avait ce pari-là de faire coïncider ces deux histoires qui se croisent, se rassemblent. Il y avait aussi le pari du rythme, entre la vie de Clotilde en 2016 avec l’enquête et le journal de l’ado où l’intrigue tient par le fait que l’on sache l’accident de voiture et qu’il y a sans doute dans ce que raconte Clotilde les clés de quelques choses. J’ai pu écrire par le biais du journal de l’ado autre chose que du thriller.

Et c’est ce que j’ai de plus en plus envie de faire, être à la fois dans le thriller, dans l’énigme mais pouvoir aussi emprunter d’autres chemins.

 

J : comment faites-vous pour vous mettre dans la peau d’une adolescente, d’un petit garçon 3 ans ? Est-ce que vous vous souvenez de votre expérience personnelle ?

MB : C’était moins dure d’être dans la peau d’une ado de 15 ans que d’un enfant de 3 ans. Car la période 1989 c’est la période de ma propre adolescence donc la musique de l’époque, les films de l’époque sont des choses  qui me parlait à moi aussi.

Mais c’est aussi un prétexte car Clotilde  en tant qu’ado a un regard décalé, neuf sur les adultes. C’était assez jouissif à écrire car elle écrit tout dans son journal intime comme par exemple « ma mère je la déteste ».

Finalement c’était plus difficile faire coïncider le temps actuel 2016 avec les personnages et ce qu’ils sont devenus. L’ado est une période assez particulière, c’est le temps de tous les possibles, il y a quelque chose d’excessif. Et si on le met en contre poids avec ce qu’on est devenu à 42 ans, cela devient presque de la science-fiction.

 

J : Il y a des écrivains qui ne veulent pas être des écrivains populaires mais vous oui ?

MB : Qui sont les écrivains qui ne veulent pas être des écrivains populaires ? J’étais à l’origine un lecteur de romanciers populaire via les bibliothèques, les bibliobus comme Jules Verne, Dumas. Et donc spontanément, ce que j’écrivais s’inscrivais dans cette littérature-là.

Et les auteurs, même ceux qui disent le contraire, sont très contents d’être lu. C’est plutôt une forme de snobisme de certains qui aimeraient beaucoup être beaucoup plus lu et qui, ne l’étant pas, ce qui disent qu’après tout, ils préfèrent « la qualité » de leur lectorat plutôt que leurs quantités. Mais je crois qu’il n’y a pas de qualité, les lecteurs que je croise lisent de tout. Ce que j’ai appris en devenant écrivain, c’est qu’il y a chez tous les lecteurs une envie d’émotion.

C’est même plus difficile d’aller émouvoir quelqu’un qui lit peu parce que quelqu’un qui lit beaucoup va déjà s’y attendre.

C’est plus difficile d’être un écrivain populaire plutôt que d’aller vers des gens qui vont déjà aller spontanément  lire et qui ont une idée de la littérature

 

J : Pourquoi écrire des livres dans l’univers du Thriller ?

MB : Je ne pense pas avoir été spécialement dans l’univers du Thriller, au départ dans mon premier roman Omaha Crime (Gravé dans le sable), qui devait s’appeler au départ l’Ardoise, je ne voulais pas l’orienter thriller. Il y avait plutôt cette idée de mettre beaucoup d’ingrédients dans mes romans.  Dans mon premier roman, il y avait cette idée qu’il fallait qu’il y ait de l’historique donc ça parlait du débarquement, une histoire d’amour, un suspens, et qu’il y ait des personnages qu’on ait envie de détester comme la sénatrice, il faut de la géographie donc les plages du débarquement. Je voulais qu’il y ait beaucoup d’ingrédient pour que ça soit très romanesque. Mon modèle à l’époque c’était Sébastien Japrisot avec un long dimanche de Fiançailles, il y avait tout dans ce roman.

Mes romans sont un peu plus polars d’autres un peu moins. Le temps est assassin n’est pas très policier, c’est une enquête intime. Je pense que je m’ennuierai si je faisais un roman entièrement noir, aucune histoire d’amour.

Je pense que si mes romans se vendent plus que d’autres romans tout aussi excellents c’est peut-être qu’en plus de l’histoire, de la psychologie des personnages, il y a cette dimension de pitch, qui est particulière à mes romans. Les plus de mes romans c’est qu’il y a un tour de magie mais maintenant que j’ai commencé à faire cette promesse là au lecteur, c’est difficile de faire un roman sans qu’il y ait ce tour de passe-passe. Mais je suis persuadé que s’il n’y avait que ce tour de passe-passe, les lecteurs auraient décroché.

 

J : Est-ce que cet art du conteur est un héritage de votre première vie de professeur ?

MB : peut-être que mon côté scientifique fait que je combine à la fois le côté littéraire et le côté très organisé, planifié. Peut-être que le fait d’avoir écrit une thèse m’a aidé. Quand on est scientifique, on est obligé d’avoir une pensée assez cartésienne car on est obligé d’avoir des hypothèses, des procédures. Mais cela ne doit jamais écraser le côté imagination car sinon cela ne serait pas très drôle à lire.

Mais oui j’ai des structures qui permettent de ne rien n’oublier, que tout s’emboite, que les choses se renvoient les unes aux autres. Cela peut paraitre assez technique dans la construction.

Mais d’ailleurs, plus l’histoire est fluide, alors qu’elle est en réalité complexe, plus les sous bassement sont compliqué. LE pire étant Nymphéas noires, mais pour construire Nymphéas noires, cela a été un casse tète permanant. A la fois il fallait être dans la création littéraire et à la fois il fallait être dans quelque chose qui peut paraitre scientifique.

Mais peut-être qu’il y aurait beaucoup d’écrivain qui s’ennuierait à faire cela et qui se dirait  « je ne vais quand même pas m’embêter à être tout aussi compliqué » alors que moi j’aime beaucoup écrire mais j’aime beaucoup m’amuser à ça.

 

J : Mais techniquement comment cela marche, aves des post-it, des schémas ?

MB : Moi cela passe généralement par des codes couleurs. Je déroule mes chapitres et ensuite ils se nourrissent petit à petit. J’ai des codes descriptions, les éléments importants. J’adore écrire comme cela car c’est une construction linéaire et à la fois je rajoute une couche d’élément. Par exemple, les descriptions de vacances, je les ai presque toutes faites à la fin car j’ai voulu éviter d’être redondant. Chaque description est différente.

 

J : Vos romans feront-il l'objet d'une adaptation ? 

MB : Je ne crois pas que mes romans soient si faciles à adapter dans le sens où ils jouent quand même sur des codes  qui sont presque tous littéraire. Je joue à fond sur des choses qui ne peuvent fonctionner  qu’à l’écrit. Comme par exemple le journal intime  qui n’est pas facile à adapter au cinéma  car c’est très littéraire, on le lit à la première personne et on ne sait pas qui lit le journal, de même pour le passé présent.

 

Moi : Pourquoi la Corse ?

MB : Parce que le nom Bussi est corse, mon grand-père était corse, j’ai des cousins en corse. Il y a une branche directe des Bussi qui est Corse. Donc je suis allé très régulièrement en Corse. Il y avait déjà cette idée qu’un jour mon roman se passerai en Corse. Le thème du roman faisait appel à une destination de vacances, avec ce côté paradis et l’envers du décor avec les habitants, la confrontation des vacanciers avec les habitants du coin. C’était donc évidement une ile.

La première fois que j’ai inventé cette histoire j’étais en Croatie et spontanément j’ai d’abord imaginé l’histoire sur une petite ile isolé.

Et puis finalement, en imaginant mon histoire je me suis dit que la Corse serait plus intéressante.

 

J: Par rapport au passé et au présent, est ce que vous écrivez en parallèle ou est-ce que vous allez du journal au présent ?

MB : Je l’écrit en linéaire. Mais par contre pour ce roman là j’ai assez bien détaillé tous les chapitres dans ma tête  pour vraiment que les effets de miroir fonctionne. Car il y avait comme idée que dans le journal de Clotilde qu’il se passe des éléments qui puissent renvoyer à des éléments du miroir de 2016 ou ajoute des éléments  dans la psychologie qui permet à l’histoire d’avancé.

J’ai adoré écrire en permanence en miroir pour voir permanence cet effet passé présent.

 

Michel Bussi m’a également indiquée que ce roman était initialement prévu pour la télévision. En effet, il a été contacté par une chaîne de télévision qui lui demandait un scénario. Il a alors proposé l’intrigue de ce roman mais il n’a pas été retenu par la chaine. Néanmoins, Michel Bussi nous indique qu’il croyait en cette histoire qu’il a créé alors qu’il était en vacances en Croatie. Michel Bussi nous précise avoir au préalable décidé que cette histoire se passerait sur une petite île de Croatie avant finalement de se pencher pour la Corse. 

 

Enfin, concernant l'adaptation d'Un avion sans elle, Michel Bussi m'a confiée que cela se fera sur M6 et que l'histoire sera divisée en 4 épisodes. 

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commentaires

Fanny.odl 16/07/2016 22:13

Merci de nous avoir partager cette interview. Ça a été un plaisir de la lire.
Je suis une fan inconditionnelle de Bussi.
Je suis en train lire ce roman, et je le dévore !

Kawai Usagi 23/06/2016 10:38

Bonjour,
Je découvre votre blog et je suis agréablement surprise.
Au plaisir de vous relire,
Bonne journée.

Dévoreuse de livre 27/06/2016 13:30

Merci beaucoup !

Puy des Livres 09/06/2016 07:26

Merci pour cette belle interview

Dévoreuse de livre 27/06/2016 13:32

Je t'en prie ! Une chronique sur le roman est disponible !

stellade 09/06/2016 00:09

Comme d'habitude, quand il y a un billet sur Michel Bussi, je le dévore.
Merci pour ces infos, j'ai passé un moment de joie en lisant tes mots et j'ai appris beaucoup . Merci de tout coeur.

Dévoreuse de livre 27/06/2016 13:31

Merci ;)
n'hésite pas à regarder ma chronique sur le roman !

Blog de la Dévoreuse de livre créé le 29 Juin 2014 - - ladevoreusedelivre@gmail.com - Bonne lecture !